La figure de style du jour : L’effet de méthode

La figure de style du jour : L’effet de méthode

Writtern by Béatrice Toulon

L’effet de méthode structure le propos comme un prof de maths : un objectif, deux axes, trois raisons… Et l’énonce : « J’ai un objectif, un seul.»
L’esprit français est logique (cogito ergo sum, je pense donc je suis, merci Descartes) et se sent rassuré, lâche prise oserai-je dire, dès qu’un discours a l’air de se tenir, de s’appuyer sur du solide.
Rien de mieux que cette figure de rhétorique pour se voir conférer sérieux et autorité sans avoir nécessairement à creuser le contenu de vos arguments.
L’effet de méthode c’est magique.
Le roi de cette figure de style, c’est Bernard Guetta. Déjà, être expert de                « géopolitique » cela vous pose. Mais l’éditorialiste des matins de France Inter en rajoute en structurant un édito sur deux par ce fameux « effet de méthode ». Exemple : la politique de l’Iran (un de ses sujets favoris) s’appuie sur deux axes… Ce matin, 1er septembre, c’était au tour de l’Ukraine, autre dada de cet ancien correspondant à Moscou : « les négociations sur l’Ukraine piétinent pour deux raisons. »
Pas besoin d’attendre les deux raisons pour être déjà convaincu que :
1. Les négociations piétinent ;
2. Il y a essentiellement deux raisons à cela ;
3. Bernard Guetta est un grand expert.

Car l’effet de méthode est d’une puissance inégalée dans la valorisation de celui (ou celle) qui l’énonce.

N’ hésitez pas à user à votre tour de cet effet de style qui est un vrai argument de forme et qui ne coûte rien : il est dans le domaine public depuis 2500 ans (depuis Aristote). Exemple : « J’ai décidé d’axer notre projet sur trois orientations».
L’effet de style vaut parfaitement pour la vie privée, pour les informations désagréables : «Je te quitte pour deux raisons ». Votre conjoint qui devrait vous sauter à la gorge ne peut pourra que s’incliner devant ce verdict d’autorité. Mais, il est tout autant valable pour les bonnes nouvelles : « Un seul homme compte dans ma vie, toi. »
Et comme tout finit par des chansons, cette petite chronique de rhétorique aussi,  » j’ai deux amours, mon pays et Paris…  »
Béatrice Toulon

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