Cultivez votre style

Acceptez-vous (Logos-Ethos Pathos) Fiche n°1

  • J’ai un tempérament indécis. Même dans mon travail, j’hésite toujours à prendre des initiatives. Je me mets souvent en retrait mais ça me mine. J’ai peur de passer à côté de ma vie…    
    L’indécision est un obstacle majeur à la réussite et à l’accomplissement. Vous le dites vous-même, cette situation vous mine. Cela veut dire que le désir de changer est là. C’est un bon moteur. Il est prioritaire de savoir ce que vous voulez dans la vie, vers quoi vous voulez aller: personne ne peut s’accomplir sans objectif. Commencez votre questionnement en allant du plus large, du plus vague, précis en resserrant peu à peu. Peut-être n’avez-vous jamais osé ou eu besoin de réfléchir à ce que vous voulez vraiment dans la vie. Peut-être vos désirs sont-ils très enfouis. Mais une évidence en entraînera une autre. C’est comme cela que vous avancerez.
  • Un jour, quelqu’un de mon équipe m’a dit que je ne parle jamais de moi, qu’ils ne me connaissent pas bien. J’y pense souvent, depuis, c’est peut-être cela qui crée une barrière invisible entre moi et les autres…    
    Il y a de bonnes chances. C’est un manque flagrant de Pathos, ces émotions qui créent les liens. Vous pouvez être reconnu comme compétent, brillant, honnête… mais si vous ne laissez pas se nouer des liens, rien ne se passera. Si vous voulez exercer davantage de responsabilités dans le management, c’est peut-être le moment de vous pencher sur vous. C’est un préalable indispensable au chemin vers les autres. Peut-être avez-vous été très réprimé au plan émotionnel dans l’enfance, peut-être étiez-vous dans une famille où on ne se dit rien. Peut-être refoulez-vous ce que vous êtes… Un coach ou un psychothérapeute pourrait vous aider à vous exprimer là-dessus.
  • Cela peut paraître enfantin mais je rêve qu’on m’admire, alors qu’en réalité je n’ai rien d’extraordinaire, vraiment  rien…     
    Nous sommes tous extraordinaires, nous sommes tous uniques. Épictète disait : « Je suis pauvre et boiteux et je suis aimé des dieux ». Nous avons tous des talents, des dons. Vos rêvez d’être admiré ? Demandez-vous dans quel domaine plus particulièrement. Qu’est-ce qui vous fait vraiment rêver sur vous ? Faites-le triangle charismatique, commencez à chercher ces talents qui sont enfouis en vous. Et allez-y foncez sur ce qui vous caractérise…
  • Je fais des complexes. Les gens ne le voient pas parce que physiquement je suis pas mal dans le genre blonde. J’en rajoute un peu, d’ailleurs, mais au fond de moi c’est zéro confiance…    
    « Dans le genre  blonde » pour parler de soi… effectivement ce n’est pas signe de grande confiance ni de grande estime de soi. Voici un petit exercice : tous les jours, fermez les yeux pendant cinq à dix minutes et activez les images qui vous font plaisir, concentrez-vous dessus. Au bout de quelques jours, parallèlement, souriez-vous dans le miroir chaque matin. Peu à peu des choses vont se dessiner.

    Respirez pour mieux communiquer (Pathos) Fiche n°2

    • Concrètement, pourquoi agir sur la respiration agit contre le stress ?
      Les tensions psychiques ou émotionnelles se manifestent dans la région de l’abdomen et du plexus solaire. C’est la zone du diaphragme qui, coincé, entraîne une gêne respiratoire, laquelle s’étend aux articulations (vertèbres, sternum) au larynx etc… Bien respirer c’est permettre au diaphragme de bien bouger et de détendre muscles et articulations tout autour de lui.
    • Pourquoi lier respiration et charisme ? 
      Tout ce qui émane de nous contribue, ou pas, à l’expression de notre charisme. La respiration agit sur le charisme essentiellement à trois niveaux.

    Le stress. Quelqu’un de visiblement stressé ne rayonne pas. Au contraire, il a tendance à transmettre son stress aux autres…. Une respiration basse et l’exercice de cohérence cardiaque (voir fiche : Apprivoisez votre stress) sont d’excellents anti-stress.

    La voix. Une voix bien gérée peut avoir un impact considérable sur les autres (voir fiche : Faites de votre voix une alliée.) Une bonne respiration y contribue.

    L’énergie. À ne pas confondre avec l’agitation : l’énergie est un élément essentiel du charisme, l’agitation, son ennemi. Une bonne respiration contribue à canaliser l’énergie, lui conserver sa puissance en la débarrassant de sa dimension de nervosité qui inquiète, plus qu’elle ne rassure.

  • Je suis dans le marketing, je dois beaucoup parler et ma voix se fatigue vite. Est-ce qu’apprendre à bien respirer pourrait m’aider ? 
    La respiration est capitale pour la voix (voir fiche Faites de votre voix une alliée). Le souffle sert de fondations à la voix qui est le résultat de la transformation du souffle en son. C’est la respiration qui fournit ce souffle. Pour éviter de fatiguer sa voix en parlant, il faut allier une bonne respiration et le   renforcement du souffle. Mais la respiration répond à d’autres problèmes vocaux : une voix pas assez forte, qui tremble, qui s’étouffe, la gorge qui s’irrite… Le travail respiratoire concernant la voix n’est pas réservé aux chanteurs ou comédiens. Ceux qui sont amenés à beaucoup parler (métiers du commerce, enseignants…) gagneraient à effectuer ce travail dont les résultats sont rapidement bénéfiques.

    Apprivoisez votre stress (Pathos)Fiche n°3

    • Chez moi le stress   dure une minute quand je dois prendre la parole en public. en   mais il est hyper intense, un vrai affolement   
       
      Vous êtes victime de trac, la version la plus spectaculaire et la moins grave du stress. La priorité est de savoir par chœur son démarrage, le temps de laisser passer l’assaut hormonal qui s’apaise très vite. Les conseils ci-contre visent à limiter la violence de l’assaut. Parfois l‘attaque peut conduire à la « logorrhée », avec perte de mémoire, phrases sans fin, incohérentes … La seule réponse est le silence et une respiration profonde, jusqu’à 3 secondes. Pour calmer le chaos intérieur et reprendre vos esprits.
    • Le stress me saisit de plus en plus souvent, j’imagine toujours le pire, c’est usant et je n’ose en parler à personne. J’ai peur qu’on ne me croie pas à la hauteur…                 Vous êtes dans le véritable état de stress, plus préoccupant que le trac décrit ci-dessus. Vous recevez aussi les assauts hormonaux mais ils ne redescendent pas… l’organisme est trop tendu pour gérer l’apaisement. À terme, c’est le burn out qui guette, l’épuisement dont les conséquences peuvent être très lourdes. Il ne faut pas laisser la situation se dégrader car votre organisme ne régule plus, il ne fait plus face. Il faut consulter votre médecin.
    • Connaissez-vous un exercice anti-stress ?  
      Voici un exercice anti-stress basé sur l’imaginaire (l’autosuggestion). Il peut se pratiquer seul ou à plusieurs. Il doit durer 10 minutes pour faire son effet :

    La barque aux soucis

    • Installez-vous confortablement, fermez les yeux, détendez-vous et respirez profondément. Ensuite, visualisez-vous au bord d’une rivière. L’endroit est baigné d’une lumière blanche ou bleue.

    • Visualisez une barque qui vogue vers vous. Fiable et solide, elle vous est envoyée pour vous soulager. Observez-la en détail avant de la laisser accoster près de vous.

    • Pensez à ce qui vous préoccupe le plus (petits ou gros soucis). Ils peuvent prendre la forme d’objets, d’images, de sensations… Déposez-les dans la barque et ressentez votre soulagement.

    • Observez la barque chargée de vos soucis qui s’éloigne et ressentez la légèreté que cela vous procure. Suivez-la des yeux jusqu’à ce qu’elle disparaisse. Revenez ici et maintenant, progressivement.

    Projetez-vous dans l’avenir (Logos-Ethos-Pathos)Fiche n° 4

    • Je suis optimiste de tempérament, mais j’ai toujours peur de passer pour un peu niais, ce n’est pas si bien vu … 
       
      C’est vrai deux écoles de pensées se confrontent : l’école américaine, « tomorrow is another day » (demain est un autre jour, tout est possible), « yes we can » (oui nous pouvons) ; et l’école européenne, celle de Voltaire faisant dire à Candide que l’optimisme est « la rage de soutenir que tout est bien quand on va mal. » Remarquez tout de même que si on aime critiquer les optimistes,   on recherche davantage leur compagnie que celle des pessimistes… vous aimez passer une soirée entière avec quelqu’un qui vous explique que tout va mal, que c’est fichu ? Se montrer optimiste c’est un acte de foi, une attitude mentale confiante, mais c’est croire les autres capables d’agir pour transformer cet avenir. L’optimisme est un sentiment de puissance, pas de surpuissance – mais de puissance d’action. Cela peut être une action très concrète : initiative, mise en place de stratégie, création de projet. C’est croire qu’il est possible d’agir et décider de le faire. D’ailleurs, Voltaire a écrit aussi que « rien ne se fait sans un peu d’enthousiasme »…
    • J’ai beaucoup d’envies, je démarre beaucoup de choses mais je ne termine rien. Je manque terriblement d‘énergie je crois. Je ne sais pas si c’est physique ou mental mais ça pèse…
      Les êtres humains ne sont pas tous également dotés en énergie. C’est en partie une question d’équilibre hormonal. Mais l’énergie dont on parle est une énergie plus mentale que physique, nourrie essentiellement par la motivation. Vous dites manquer d’énergie, ne manquez-vous pas plutôt de motivation ? Avoir beaucoup d’envies… c’est presque comme ne pas en avoir. Il est logique alors de démarrer beaucoup de projets puisqu’aucun ne vous motive suffisamment. Il leur arrive ce qui arrive sans l’énergie de la motivation pour moteur…. Il ne s’agit pas d’un manque d’énergie… Pour en avoir, il est important de cerner vos envies, vos besoins. Si vous n’y arrivez pas seul, faite-vous aider par un coach, en particulier par un coach en personal branding qui pourra vous aider efficacement à faire émerger votre identité, vos désir et vos talents…
    • La psychologie positive, c’est un peu la méthode Coué …   
      La psychologie positive se développe actuellement à grande vitesse. Son postulat : on peut créer par l’autosuggestion des processus contribuant à l’épanouissement ou au fonctionnement optimal des individus. Le docteur Coué quant à lui ne disait pas autre chose… Les neurosciences lui ont donné raison a posteriori. Mais se dire qu’on peut y arriver, c’est aussi adopter le pari de Pascal, au XVIIème, selon lequel cela ne coûtait pas plus cher de croire en Dieu que de ne pas y croire, mais que cela pouvait rapporter le paradis. Dans l’Antiquité, le stoïcien Epictète, esclave maltraité, allait dans le même sens quand il disait : «  Je suis Épictète, esclave, estropié, pauvre comme Irus et cependant aimé des dieux. » …

    Cultivez votre look ( Ethos-Pathos)   Fiche outil n°5

      • Tous les matins, c’est l’angoisse devant ma penderie : j’essaie une robe, puis un pantalon, puis un haut, puis une jupe, je   rechange le haut…
        Par rapport aux hommes, les femmes ont l’avantage d’avoir un choix vestimentaire plus large… ce qui est aussi un inconvénient : certaines y passent trente minutes au moins pour choisir finalement le même vêtement de base. C’est du temps perdu et de la frustration…  Pour les femmes pressées, le meilleur conseil, c’est de ne pas perdre de temps : dans le style dans lequel vous vous sentez bien, multipliez les « basiques », pantalons, vestes, tops, blouses, robes, chaussures, bottes, que tout puisse aller ensemble. Vous pouvez vous   singulariser plus fortement par les accessoires, la coupe de cheveux…
      • Nous les hommes nous n’avons pas le choix c’est le costume/cravate, c’est injuste…  
        Le costume est un uniforme, incontestablement. Il évite les pertes de temps devant la penderie. Mais pas facile d’exprimer « son génie unique » ! Le costume s’est   imposé au XIXème siècle et son usage ne se dément pas, peut-être parce qu’il donne une allure très connotée masculin. Attention : le costume peut dire beaucoup de vous par sa forme, cintrée ou pas, la qualité du tissu, la couleur… La cravate, elle, tend à être de moins en moins obligatoire. Et c’est heureux, une chemise, col ouvert, a également son charme…
      • Je n’ai aucun goût, aucune idée et aucun intérêt pour la mode. J’ai été éduquée dans le mépris de ces choses. Les gens me croient ringarde et je ne sais pas quoi faire.      L’habit ne fait pas le moine, c’est vrai mais il en donne l’image et le statut. Nous savons que ce n’est pas bien mais nous portons des jugements sur les gens dès le premier coup d’œil… Des personnes sont bloquées dans leur avancement à cause de leur look… Vous avez deux solutions : soit vous essayez de vous faire mieux connaître derrière vos lunettes en métal et votre jupe années 50, soit vous vous faites conseiller pour vous adapter – sans violence – en vous faisant conseiller par un entourage plus jeune et très bienveillant…

      Imposez votre personnage   (Logos-Ethos-Pathos)  Fiche outil n°6

      • J’ai été éduqué dans des valeurs de retenue, de discrétion : « Ne te fais pas remarquer ! » C’était vulgaire de déborder du cadre. Maintenant, on dit que je suis « coincé ». Est-ce qu’on peut se refaire à 45 ans ?  
         
        Sûrement pas ! Et ce n’est pas souhaitable. Notre personnalité est le fruit de la génétique de l’environnement et de … l’éducation. La retenue fait partie de votre personnalité. En revanche, vous pouvez en tirer profit. Être quelqu’un qui a de la classe… Faites évoluer votre vestiaire – un peu – dans ce sens. Regardez dans votre triangle charismatique tous les aspects plus avenants de votre personnalité et travaillez à les rendre visible : l’empathie, l’humour, la vision, …
      • Je dis ce que je pense et j’interviens plutôt beaucoup dans les réunions pour une femme. Du coup, on dit que je suis « grande gueule ». Les femmes avec une personnalité forte ne sont pas très bien vues en fait… 
         
        C’est quoi une « personnalité forte » ? Si c’est quelqu’un qui ne joue pas le jeu de l’entreprise, homme ou femme…. Attention aux croyances globalisantes… Cela dit, les femmes sont souvent victimes du tokénisme, le syndrome de la minorité. Ne personne en situation de minorité est beaucoup plus visible… tout se voit, tout est exacerbé. S’ajoute pour les femmes le stéréotype qui la veut douce, timide et en retrait. Dès qu’une femme ne répond pas au critère, l’effet produit est dix fois plus fort qu’il ne l’est la réalité. Et si enfin se mêle un fond de crainte de concurrence… ce que vous décrivez n’est pas très étonnant. Continuez à avancer mais mettez en avant votre personnalité en envoyant des signaux reconnaissables par tous, en l’occurrence, pour vous, des signaux rassurants sur votre engagement « corporate », sur votre capacité à être solidaire de la hiérarchie : à RASSURER. Une femme, surtout remuante, peut être vite perçue comme n’étant pas du sérail… Redoublez de  Pathos, de tentative de lien pour créer une connivence. Quand vous prenez la parole, essayez de ne pas parler trop vite, entraînez-vous et essayez de charmer (voir fiches éloquence)…
      • Est-ce que les entreprises cherchent vraiment des personnalités originales, différentes ? Dans mon entreprise, ce sont les plus conformes au modèle qui sont promus.
        Les entreprises vivent une contradiction : d’un côté elles réclament sincèrement de la diversité, des personnalités, des audacieux, mais de l’autre les individus aiment ce qui leur ressemble. Les managers vont favoriser des gens issus de leur école, qui les comprend. C’est à la direction des ressources humaines de faire preuve de courage. Pour vous, la seule solution c’est de la savoir, d’émettre les signaux rassurants (voir ci-dessus) mais de toujours jouer votre carte personnelle. Le charisme, c’est cela, pas le clonage.

      Soyez mémorable !  (Logos-Ethos-Pathos)   Fiche outil n°7

        • Je n’arrive jamais à sélectionner ce que je dois dire. Je suis toujours trop long…
          Nous ne sommes pas tous faits pareils : des personnes ont l’esprit   beaucoup plus synthétique que d’autres. Elles vont droit au but, au risque de s’exprimer avec sécheresse d’ailleurs. Les esprits plus analytiques ne distinguent pas toujours l’essentiel de l’accessoire ou plutôt ne parviennent pas à renoncer à des informations qui permettent d’être plus précis, plus juste. Effectivement, il s’agit bien de sacrifier des vraies informations. Pour vous consolez, dites-vous qu’elles n’auraient sans doute pas été retenues mais qu’elles auraient peut-être noyé les informations plus essentielles. Faire le tri est donc important.                                       Comment faire ? En se préparant. Les personnes à tendance analytique doivent davantage préparer, prendre les informations et mettre de côté celles qui ne sont pas directement liées   au sujet traité. A moins de choisir d’en faire délibérément un récit, si celui-ci est pertinent, particulier, et s’il donne sens au propos principal. S’il est de nature à marquer les esprits.
        • J’ai horreur de parler de moi, alors me mettre en avant… c’est de l’ordre de l’impensable.
          La culture française favorise les idées par rapport aux récits. On a tendance à s’effacer derrière nos idées. Mais c’est de vous dont on doit se souvenir… Si vous n’ambitionnez rien, vous pouvez rester ainsi sans problème.  Si vous voulez évoluer professionnellement, davantage exister socialement, il faut que l’on se souvienne de vous. Cela passe par ce que vous faites, bien sûr, mais aussi par ce que vous dites, les récits que vous faites, notamment de vous. Commencez à vous entraîner doucement. Dans le cadre professionnel, racontez une petite histoire, faites une brève   référence à une de vos expériences, citez une personne que vous connaissez personnellement… et puis augmentez la dose. Sans tomber dans le narcissisme, mais vous en êtes loin.
        • Je suis scientifique, je ne me vois pas sacrifier des informations précises… 
          Une bonne communication doit en général être précise, concise et pertinente. Évidemment, il faut adapter ce précepte au contexte : si devez faire une communication sur les particules fines devant un public d’experts, il vous faudra être précis(e). Mais un public, même averti, a besoin d’être emmené et captivé : les sciences n’échappent pas au pouvoir du récit, de l’obligation de capter son attention. Et cela passe par les émotions : les exemples, les histoires, les anecdotes, les effets de surprise, les chiffres choc… Si vous voulez que l’on retienne vos interventions, pensez-y.  Et puis, n’oubliez pas que tous les auditoires, même les scientifiques, vous remercieront de ne pas avoir été trop long.   Mozart aimait dire que l’éloquence c’est « savoir s’arrêter à temps

        Préparer pour mieux briller   ( Logos)   Fiche outil n° 8

          • Préparer permet d’assurer sur le fond mais ne perd-on pas en naturel, en spontanéité ?
             
            Quelques rares, très rares, personnes, sont plus à l’aise dans l’improvisation. En général, c’est qu’elles connaissent à fond leur sujet et ont une grande pratique de la prise de parole. Mais même   ceux qui ont l’air d’improviser brillamment ont souvent tout préparé : Barak Obama semble improviser mais ne le fait jamais, il lit un prompteur… Les acteurs le disent : c’est quand ils connaissent par cœur leur texte qu’ils commencent à le vivre. Mais c’est leur métier. Nous nous ne saurions pas donner vie à un discours su par cœur. Ce qu’il faut c’est bien maîtriser les arguments principaux et le déroulement de son propos.
          • Quand je prépare mes conférences, je ne suis jamais sûr que c’est cela qui intéresse vraiment les gens, ce qui va les captiver.   
            Nous pensons à la place des autres. C’est la première cause de l’incommunicabilité. Une seule solution : lire, se documenter pour multiplier les points de vue. Et interroger autour de soi : « si je te dis tel sujet, quelles idées te viennent ? Quelles questions ? ». Vous pouvez être surpris de leur approche totalement différente de la vôtre et l’évocation de questions auxquelles vous n’auriez jamais pensé.
          • Une fois je me suis retrouvée très déstabilisée dans un entretien parce qu’entre notre échange par téléphone et notre rencontre, mon interlocuteur avait changé de position Pour éviter ces désagréments, bien préparer, c’est aussi avant l’entretien, adresser à son interlocuteur le contenu   de l’échange précédent et   l’objet de l’entretien,   suffisamment de temps avant pour lui permettre de réagir et de repréciser son point de vue. Cette précaution évite de faire perdre du temps, à vous comme à l’autre.
          • Lors d’un entretien, j’ai vu que mes interlocuteurs de la même entreprise n’étaient pas tous d’accord entre eux. On peut l’anticiper ?                                                           Préparer un entretien c’est aussi essayer d’identifier les alliés ou adversaires potentiels. C’est précieux mais pas toujours facile. Ce qui est possible en revanche, c’est de savoir à l’avance les statuts de vos interlocuteurs et d’identifier qui a vraiment le pouvoir de décision. Ce sera évidemment ensuite votre interlocuteur principal. C’est sur lui, ou elle, que vous devrez concentrer votre préparation.
          • J’ai souvent beaucoup d’arguments à présenter, comment faire le tri  à l’avance?     Faire le tri est essentiel. La multiplication des   arguments dilue le propos. L’important est de bien cerner deux critères : le contexte et votre objectif. Demandez-vous à quels arguments vos interlocuteurs seront les plus sensibles en fonction de ceux-ci. Prenez trois ou quatre arguments centraux, en ayant bien soin qu’ils appartiennent aux trois champs (Logos-Ethos et Pathos) et développez-les de diverses manières (exemples, histoires, images, statistiques…)

          Faites un pitch marquant (Logos-Ethos-Pathos)  Fiche outils n° 9

            • Je n’arrive pas à faire court… à faire le tri entre l’essentiel et le détail… 
               
              Nous ne sommes pas tous semblables : certaines personnalités dites «  synthétiques » vont droit au but. Elles peuvent même s’impatienter des digressions des autres. Repérez-les et adaptez-vous. A contrario, les personnalités dites « analytiques » pratiquent davantage les chemins de traverse et estiment souvent que les détails ont leur importance. La plupart d’entre vous se trouvent quelque part au milieu… Est considéré toutefois comme secondaire, tout ce qui n’a pas un lien direct avec le sujet. Et on peut apprendre à raconter une petite histoire, même brièvement...                                                                                                            Exemple : «  Je travaille dans le luxe. Je viens d’une famille de médecins (silence, expression un peu désolée) qui n’aime pas le luxe. Alors j’ai fait une école de commerce (silence) mais j’ai rejoint l’industrie pharmaceutique (silence). Pas très heureuse (silence, expression un peu triste. Et puis, j’ai fini par assumer ce que j’aime (silence, sourire) : le luxe… Et cela me réussit plutôt bien (air de satisfaction modeste).» 15secondes mais la forme a contribué au sens
            • N’est-ce pas préférable finalement de tout expliquer pour que tout soit clair ?
              La culture dominante actuelle, pressée, favorise l’esprit de synthèse. Cela dit, la longueur génère l’ennui, favorise les échappées. Ce sont souvent les dictateurs – Fidel Castro en son temps – qui   imposent des discours interminables. Une façon de dire : « c’est moi qui décide ».  De plus, étirer son propos quand on parle le premier est risqué : vous pouvez être amené à dire de choses qui dépassent le cadre de votre présentation, vous entraîner vers des contrées où votre interlocuteur sera tenté de vous porter la contradiction.   Faire court, permet de poursuivre dans un dialogue ou l’interlocuteur intervient, donc se dévoile également.
            • Faire court, c’est faire des phrases courtes ou raconter moins de choses? 
              C’est d’abord raconter moins de choses, ne garder que ce qui fait sens, bannir les informations qui ne servent pas directement le propos.  Exemple : Une personne aimait commencer ses présentations en racontant l’origine de son nom un peu étrange. Elle perdait alors du temps et égarait les esprits qui, forcément, pensaient que cette histoire allait jouer un rôle par la suite… ce qui n’était pas le cas. Quant aux phrases courtes, Clémenceau disait : «une phrase se compose d’un sujet, d’un verbe et d’un complément. Ceux qui voudront user d’un adjectif passeront me voir dans mon bureau. » En réalité, surtout à l’oral, la clé c’est de varier les expressions longues et brèves. Et surtout il est fondamental de marquer des silences : ils donnent du   relief aux phrases.

            Osez dire non diplomatiquement   (Logos-Ethos-Pathos)   Fiche outil n°10

              • Je ne sais pas dire non. Je n’ose pas, je suis timide et c’est plus fort que moi…
                C’est une croyance… Essayez de vous souvenir : vous n’avezvraiment jamais dit « non » ? Le principal est de commencer par sortir des généralités. Revisitez votre expérience, arrêtez-vous sur des cas précis. Essayez de voir ce que vous procure le fait de céder, ou les frustrations que cette attitude engendre en vous. Et si nous n’y arrivez pas seul, allez voir un coach, voire un psychothérapeute, dans le cas où vous ressentiriez que c’est plus profond.  Personne ne peut vivre en béni-oui-oui sans dissoudre sa personnalité. Se faire respecter ne relève même pas du charisme, c’est de la survie.
              • Je suis chef de service et les membres de mon équipe n’acceptent pas facilement qu’on leur refuse ce qu’ils demandent, surtout les jeunes d’ailleurs…
                Nous vivons dans des cultures d’entreprises de plus en plus horizontales où le marquage de la hiérarchie est désormais plus subtil. Il faut savoir être chef sans être petit chef… Les plus jeunes peuvent être en recherche de limites. Surtout, évitez d’instaurer une relation de type parent/enfant où le chef devient celui qui nourrit et punit…   Pour établir une relation adulte/adulte, vous devez souvent rappeler l’objectif du travail ensemble, expliquer vos décisions en langage clair (Logos), rappeler que vous les assumez en tant que responsable (Ethos),   écouter et reformuler les points de vue des membres de votre équipe pour leur montrer que vous les comprenez.   Vous les agacerez certes dans l’instant mais, à terme, vous gagnerez leur respect
              • J’ai toujours peur de dire « non » à des clients, je crains toujours de les perdre… 
                Si c’est une relation vendeur/client, on est plutôt dans le cadre d’une négociation. Il ne faut pas vous vivre comme dépendant, dominé, demandeur, face à un décideur tout puissant. Vous devez vivre votre relation commerciale comme un dialogue de compromis où vous avez envie de vendre et l’interlocuteur a, quant à lui, envie d’acheter. Vous devenez la personne qui l’aide à acheter ce qui lui convient.   Une règle de base est de mettre en avant constamment l’envie de réussir, l’attachement à la relation réciproque, tout en assumant la défense légitime de votre entreprise.
              • Je ne sais pas dire non dès qu’interfère une dimension personnelle, quand les gens invoquent leur famille ou leurs difficultés personnelles, je perds mes moyens…
                Ce qui vous gêne c’est l’irruption des émotions dans votre sphère professionnelle. En réalité, les émotions sont toujours là mais, parfois, les circonstances leur font prendre le dessus, c’est tout : ce n’est pas un changement de nature c’est un changement de degré. Il n’y a pas de raison de modifier votre mode de management. Quand des demandes personnelles arrivent ou si vous devez faire face à une situation qui vous gêne, ne prenez pas de décision hâtive ni dans un sens ni dans l’autre. Réservez-vous le temps de la réflexion, ce qui vous mettra à distance, pour ensuite prendre votre décision qui, elle, doit tenir compte de l’ensemble des éléments, émotionnels et autres.