S’auto-coacher c’est possible !

S’auto-coacher c’est possible !

Writtern by Béatrice Toulon

 

Rencontre avec  Chine Lanzmann, coach et auteure d’un Guide de l’auto-coaching pour les femmes.

par Béatrice Toulon

 

C’est dans sa vie antérieure de journaliste que Chine Lanzmann   a constaté la difficulté des femmes à s’affirmer dans le monde professionnel. Et décidé d’y remédier dans la mesure de ses moyens.  Après un séjour en Californie où elle s’est formée aux méthodes de la Communication Non Violente et de l’Analyse Transactionnelle, elle est devenue coach en leadership féminin. Depuis près de 20 ans, elle coach les femmes en groupe ou en individuel à  oser dire non, oser demander, oser réseauter mais surtout  oser s’accomplir. Ses nouvelles formations  : Le leadership mixte et La permission de réussir.

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Nous avons rencontré Chine à l’occasion de la sortie récente de son Guide de l’auto-coaching, un « workbook » concret et didactique qui permet de prendre conscience de nos comportements, de leurs dérives, et  propose les antidotes.  Rencontre aussi avec une  femme aussi dont l’exceptionnelle sérénité donne envie de se plonger dans sa méthode…

Vous venez de publier un Guide de l’auto-coaching. On peut se coacher soi-même ?

En principe non, même les coachs doivent se faire régulièrement coacher par quelqu’un d’autre. En pratique, j’ai fait ce livre comme une initiation aux outils de base du coaching. Si je prends l’image du tennis, mon livre  permet de savoir comment tenir la raquette et lancer une balle. Mais si vous voulez vraiment  jouer, il vous faut un partenaire. Un coach…

Y-a-t-il des règles, des conditions pour  « réussir » son auto-coaching ?

Tout dépend de la personnalité de la lectrice. Les tempéraments très méthodiques seront plus à l’aise en démarrant à la page Un et en faisant tout dans l’ordre. D’autres se concentreront sur les parties qui les interpellent plus. L’important  c’est d’y revenir car lire une fois, faire les exercices une fois permettent de prendre conscience mais ne corrigent pas instantanément des comportements acquis depuis l’enfance. Moi-même je réactive des attitudes pour ne pas me laisser aller à mes tendances profondes…

Vous démarrez par un long questionnaire autour de  cinq injonctions que nous avons intégrées plus ou moins depuis l’enfance: Sois forte, Sois parfaite, Dépêche-toi, Fais plaisir, Fais des efforts. Le but est  de découvrir les deux tendances qui dominent chez nous et de travailler à partir de là.  On ne se connaît pas ?

Plus ou moins selon  notre âge et la réflexion que l’on a déjà portée sur soi. Ces  cinq « croyances » ont été identifiées par  Taibi Kahler dans le cadre de l’Analyse Transactionnelle : en situation de stress, nous activons des croyances fondamentales qui peuvent conduire à des situations d’échec. Ces croyances  valent  pour les hommes aussi bien que pour les femmes. Les hommes s’obligent souvent à être fort, les femmes journalistes et entrepreneuses comme vous et moi  aussi. Les femmes en général ont souvent  tendance à vouloir être parfaites,  que tout soit exécuté impeccablement, ou  faire plaisir aux autres pour être aimées… Dans l’absolu, ce sont des consignes positives mais qui ont tendance à prendre la main sur nous en cas de stress ou de difficulté. Et là, ça dérive. Prenez une femme cadre d’entreprise qui porte en elle la consigne : Fais plaisir. En cas de difficulté, elle va avoir tendance à être encore plus gentille avec son équipe, elle ne saura pas dire « non » et sera entraînée dans un cercle vicieux au lieu de remettre de l’ordre. C’est très utile d’en avoir conscience, et même si c’est difficile, on peut mettre en place des antidotes.

Vous proposez justement quinze séances de travail thématiques, qui vont de Se mettre en valeur à Réagir face  une situation difficile en passant par Parler d’argent. Y-a-t-il à vos yeux un thème plus essentiel que les autres?

Sans hésiter : Apprendre à donner du feedback positif. Donner des signes positifs à soi et aux autres. Nous avons tous besoin de reconnaissance, pour vivre, pour exister. Il n’y a rien de pire que l’indifférence. Et tous les signes négatifs que l’on s’envoie en abondance sont du poison. Les signes positifs  sont la vie mais pas les signes en l’air, ils doivent être concrets, contextualisés. Si quelqu’un me dit : « Chine tu es géniale ! », je ne peux pas prendre ce compliment, il ne veut rien  dire en quelque sorte. Mais si quelqu’un me dit : « Merci Chine parce qu’après  notre séance sur la confiance en soi, j’ai osé demander une augmentation », là je me sens utile et je me sens valorisée. Ca me rend plus puissante parce ça renforce ma foi dans mes capacités. Si je dis d’un enfant :« il est bon en maths » c’est moins valorisant que si je dis : «  je suis épatée par sa façon de comprendre les maths », c’est sa capacité à lui que je salue et en plus j’ouvre la perspective que sa capacité de compréhension porte sur d’autres choses.

Alors si je vous envoie un signe négatif en vous disant :  » le coaching c’est galvaudé ! » comme on l’entend ici et là ?

Je n’essaierai pas d’être forte à tous prix, comme c’est ma tendance,  en essayant  de vous prouver  que vous avez tort et que j’ai raison, que le coaching c’est très important!  Ce serait inutile. Je vous dirai plutôt que c’est votre opinion, que  vous avez le droit de le penser mais que, pour ma part, je l’utilise tous les jours et j’en voie les bienfaits. Alors je continue…

Guide de l’auto-caching pour les femmes : dépasser vos blocages en 15 séances (Editions Pearson. 22€)

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