Les tics de langage : les identifier pour s’en débarrasser.

Les tics de langage : les identifier pour s’en débarrasser.

Writtern by Béatrice Toulon

Ils nous agacent quand on les entend dans la bouche des autres. Vous savez de quoi je parle, les « on va dire », les « quelque part »… On les appelle les « tics de langages », ces mots et expressions  tout faits dont on n’a pas toujours conscience d’y céder soi-même. Il est préférable de les identifier pour les bannir, surtout si vous passez un entretien d’embauche, vous réalisez votre premier échange avec un gros client potentiel ou si vous faites une présentation au grand patron.

Un petit tour s’impose assorti de quelques conseils.

Les 3 types de tics

  • Les tics dans l’air du temps.  Ces mots et expressions varient selon les époques et les modes et, tels des virus, ils envahissent toutes les phrases.  Ce sera,  en ce moment,   « pour faire court », ou « c’est clair », ou encore « quelque part »… Avec même des influences de la téléréalité  et son « aventure » ou « que du bonheur ». Sans parler du goût de tout le monde pour les « challenges», anglicisme un peu trop galvaudé. Ces mots ont un gros défaut : ils ne vous appartiennent pas, ils parasitent vos propos au risque de les banaliser, ils aplatissent votre image et détournent vos interlocuteurs du fond de votre discours qui est peut-être génial (j’ai dit peut-être)…
  • Les  tics boucliers. Ce sont des entrées indirectes dans ses affirmations : « je pense que », « je dirais que »,  «  il me semble »… Souvent , on les utilise comme une politesse, pour ne pas se montrer péremptoire et abrupt. Ce sont en réalité des boucliers dont  on peut abuser en situation de stress ou de demande qui nous mettent en état  de faiblesse (entretien d’embauche). Elles sont à  bannir car elles signent un manque d’assurance, elles peuvent donner l’impression d’une personnalité timide, qui n’assume pas ses propos ou ne les maîtrise pas. Mais il n’est pas meilleur d’abuser des « moi, je », signe d’ego hypertrophié.
  • Les  tics béquilles. Ce sont les mots que l’on glisse au milieu des phrases pour se donner le temps de réfléchir. Ce sont les « en fait », les « donc » et surtout les  « euh ». Ah ! les  euh… ces pollueurs de phrases irritent les tympans des interlocuteurs et créent l’ennui.

Et vos tics à vous ?

Pour savoir quels mots viennent parasiter vos phrases à vous, une seule solution, vous enregistrer pendant que vous simulez un échange professionnel avec un de vos proches. C’est facile, tous le smartphones ont la fonction « enregistrement ». Quelques minutes suffisent à identifier vos travers. De plus, en avoir connaissance constitue la première étape vers la guérison.

Comment se débarrasser de ses tics de langage ?

Si l’on accumule les tics, il est préférable de se concentrer sur le principal. Ce n’est pas un ou deux  « euh » ou « on va dire » qui changeront la face de vos entretiens. C’est l’utilisation récurrente d’un tic qui peut finir pas créer une image négative ou du moins pas assez positive  de vous dans la tête de votre interlocuteur.

  • Prendre le temps. Une première solution consiste à parler assez lentement – en restant vif quand même ! – pour ne pas recourir aux mots  automatiques.
  •  Se lancer un défi. Une deuxième solution consiste à se lancer  un défi : un jour entier sans « tout à fait » que l’on remplacera par « oui ». Ou un jour sans « euh » que l’on remplacera par un silence car, en réalité, rien ne vaut un silence pour faire le ménage dans sa tête et trouver l’idée que l’on cherche. Notez le moment où vous chutez. Au téléphone ? En fin de journée ? Vous en saurez un peu plus sur vous-même et cela vous permettra de gagner en vigilance.
  •  S’entraîner. En cas d’entretien important, le mieux est de s’y préparer avec un proche ou un collègue de confiance qui vous  signalera vos tics. Plus vous serez sécurisé sur le fond de votre discours, plus vous pourrez vivre l’entretien et vous concentrer sur ce que vous dites.